Nouvelle monnaie CEDEAO : « C’est du néocolonialisme. » Réagit Aliou Bah du MoDel

Aliou Bah du parti MoDel juge intéressant que la Guinée ouvre un débat sérieux dans le monde universitaire sur la question de la monnaie. Ce, au moment où la CEDEAO entend battre une monnaie commune à son espace de 15 pays ouest-africain.

Il l’a dit dans l’émission ‘’œil de Lynx, ce jeudi, 5 septembre 2019.

« Le problème se situe au niveau de la faisabilité, parce qu’il ne s’agit pas uniquement de changer le nom de la monnaie FCFA, pour en faire l’ECO. Mais la question qu’on se pose, est-ce qu’on va mettre fin à la tutelle du trésor public français sur le FCFA », s’est interrogé le jeune opposant politique.

« Parce que s’il y a des avantages, il y a aussi des inconvénients, sur le plan politique. C’est du néocolonialisme », dit Aliou Bah.

A la question si la Guinée peut être au rendez-vous de cette monnaie CEDEAO, il se montre sceptique. « Il sera difficile, quasiment impossible. Déjà, je ne crois pas, que c’est l’agenda prioritaire de nos gouvernants, parce que la monnaie c’est l’aboutissement d’un processus. Ce n’est pas le début d’un processus. L’Union européenne s’est construite près d’un demi-siècle, avant que tout cela ne se concrétise par l’adoption de l’euro par quelques pays, et ça s’est élargi », a-t-il cité en exemple.

Le président du MoDel croit dur comme fer que : « Difficilement, un pays comme le Nigeria renoncera au Naïra, et à son indépendance économique pour aller à l’ECO avec les autres pays de l’UEMOA. Et il y a l’impact que ça a sur la population quand un débat de ce genre se pose », poursuit M. Bah.

Dans les grands pays, dit-il : « C’est le monde universitaire qui inspire les politiques. Quand les débats techniques comme ça se posent, c’est dans l’espace universitaire que des spécialistes en débattent. Ils font des recommandations au gouvernement, qui prend ensuite position », enseigne-t-il.

Mais, regrette Aliou Bah : « Malheureusement chez nous, on donne la parole aux propagandistes, aux opportunistes et aux gens qui, en réalité, n’ont rien à dire », pourfend Aliou Bah, président de l’organe provisoire du Mouvement démocratique libéral (MODEL).

Mamadou Yaya Barry

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