Primes accordées aux enseignants : Aboubacar Soumah accuse le gouvernement d’avoir « négocié avec les syndicats qu’il a créés… »

La crise qui mine le système éducatif guinéen est loin de connaître une issue favorable, malgré la signature, mardi dernier, d’un protocole d’accord entre le gouvernement et plusieurs structures syndicales. Sans toutefois l’onction du SLECG dirigé par Aboubacar Soumah, déclencheur de la grève des enseignants en cours en Guinée.

Ainsi, le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée, SLECG version Aboubacar Soumah, reste déterminé à aller jusqu’au bout de sa lutte revendicative, articulée autour d’un salaire de base de 8 millions de francs guinéens par enseignant guinéen. Alors que l’accord signé en début de semaine prévoit des primes allant de 450 mille à 1 million 300 mille par enseignant, selon sa zone d’affectation.

Au cours de son assemblée hebdomadaire de ce samedi, 1er février 2020, Aboubacar Soumah a dénoncé une ‘’manœuvre sournoise’’ du gouvernement qui, tenterait de forcer le retour en classe des enseignants grévistes.

Selon le secrétaire général du SLECG, le ministre de l’éducation nationale et alphabétisation a donné des instructions à tous les niveaux de faire tout, dit-il, pour faire venir les enseignants en classe.

« Envoyer les salaires dans les écoles, vous leur faites appel pour signer un engagement. Tu enseignes une semaine, après on te donne ton salaire », a-t-il dévoilé.

À en croire Aboubacar Soumah, « ils disent que nous, nous sommes des pauvres, et qu’on ne peut pas résister. C’est pour cela qu’ils ont confisqué nos salaires. Nous avons droit à un salaire en grève, c’est la loi qui nous le confère. Personne donc ne peut bloquer ce salaire-là. Autant nous sommes à la maison, autant nous serons payés », a-t-il défendu.

Par ailleurs, pour le secrétaire général du SLECG, le ministre Sangaré a préféré négocier avec les syndicats qu’il a créés. « Pour les valoriser, il les tire pour signer. Quelle irresponsabilité ? Quel est le syndicat qui a déclenché la grève ? Il signe avec un syndicat autre que celui qui a déposé l’avis de grève. Ces syndicats-là signent le protocole et ils veulent nous imposer ce protocole », a flétri Aboubacar Soumah.

Mamadou Alpha Baldé

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