Dr Faya Millimono, inconsolable : « Nous ne devons pas accepter de banaliser la République » (Entretien !)

Dr Faya Millimono était l’invité de l’émission L’Actu au scanner de la radio City Fm, en milieu de la semaine qui finit. Au sortir du studio, il a accordé un entretien à votre quotidien en ligne, sur des sujets comme la prorogation du mandat des députés, le troisième mandat, le retour aux affaires de l’ancien ministre K2.

Objectif224.com : Quel regard portez-vous sur le retour d’Ibrahim Kalil Konaté K2, qui a été nommé président du conseil d’administration de la Lonagui ?

Dr Faya Millimono : On ne pouvait pas attendre un changement dans la façon de nommer les commis de l’Etat du Pr Alpha Condé. C’est un recyclage. Quelqu’un qui n’a pas pas été performant quand il était aux affaires, on lui donne un congé, et s’il a été vraiment décrié, on laisse le peuple l’oublier pendant quelque temps. Après on le récupère. Ce ne sont pas les compétences qui priment dans notre pays. Si vous avez de la compétence, et que vous cherchez un pays où monnayez votre compétence, allez très loin de la Guinée, parce qu’ici, ce qui compte, c’est qu’il faut savoir flatter le chef et avoir un village que vous pouvez contrôler pour le chef. Même si vous êtes un démagogue, et que vous n’avez rien dans votre tête, vous pouvez en bénéficier.

L’autre actualité, c’est la prorogation du mandat des députés. Pensez-vous que c’est serait risqué pour vos amis de l’opposition de siéger ? Même si beaucoup pensent que Faya Millimono est en train de prendre ses distances de l’opposition républicaine ?

Vous savez ! Nous, au Bloc libéral, depuis 2018, nous avons alerté la classe politique, particulièrement l’opposition. Pour dire que nous ne devons pas accepter de banaliser la République, en laissant le mandat des députés expiré, et en se prêtant au jeu de la prorogation. Alors, c’est ce qui est en train d’être fait aujourd’hui. Puisque, nous, ce sont les lois de la République, nos valeurs, nos principes qui constituent la boussole du Bloc libéral. Nous ne pouvons pas donc continuer à évoluer avec des personnes, quand on ne sait pas, véritablement, la position des uns et des autres, vis-à-vis des choses qui sont essentielles pour le peuple de Guinée. Parce que si nous permettons, aujourd’hui, que la constitution soit violée pour permettre à 113 députés de siéger, illégalement, nous ne pouvons pas logiquement jeter la pierre, en tout cas, le Bloc libéral ne jettera pas la pierre à Alpha Condé, s’il prolongeait son mandat en 2020. Notamment, du fait que le mandat des députés a été prolongé.

Vous voulez dire que vous n’accuserez pas Alpha Condé d’avoir violé son serment et la constitution ?

Il a déjà violé son serment, et on est en train de l’accompagner dans la violation de son serment, parce que ce que la cour constitutionnelle a donné comme avis, c’est de la fantaisie. La cour constitutionnelle permet à Alpha Condé de se prévaloir de ses propres turpitudes. Elle a empêché que les élections se tiennent au mois de novembre pour un nouvel mandat des députés. C’est un plan B ou un plan C, on ne sait pas. Et si on accepte d’accompagner Alpha dans ce que je considère comme une violation claire de la constitution et de son serment, on ne pourra pas, demain, quand il va proroger son mandat, lui jeter la pierre. Il faut qu’on soit conséquent.

Entretien réalisé par Mamadou Alimou Barry

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