Pépé Balamou du SNE monte au créneau : « Ce gouvernement est amateur dans la résolution des crises. »

Michel Pépé Balamou, secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE)  était l’invité de l’émission ‘’L’Actu au scanner’’ de la radio City Fm, ce lundi 12 février 2019. Dans un entretien qu’il a accordé à votre quotidien en ligne, il a réitéré sa position sur la question couperet de l’assainissement du fichier des enseignants. Tout en abordant le cas des enseignants contractuels qui exigent leur prise en charge financière par l’Etat.

Objectif224.com : Malgré votre mise à l’écart de la commission chargée de l’assainissement du fichier de l’éducation, quel est votre regard sur cette question qui constitue le point2 de l’accord signé, le 10 janvier  2019 ?

Michel Pépé Balamou : Nous avons un regard pessimiste quant à l’aboutissement de ce toilettage qui est en vue. Les choses sérieuses n’ont pas encore commencé. Nous n’avons pas été expulsés, mais si on dit que nous n’avons pas participé à la signature tripartite (Gouvernement-SLECG-USTG), nous en prenons acte. Mais nous espérons que le gouvernement nous donnera d’autres choses à accomplir. Nous osons espérer aussi que les enseignants  fictifs qu’on recherche soient retrouvés et que les enseignants puissent bénéficier de quelque chose, au titre de l’amélioration de leurs salaires.

Pourquoi ce pessimisme que vous affichez. On sait quand même que la commission devrait être fonctionnelle, suite à sa création par arrêté conjoint ?

Un recensement se fait pour diminuer les postes de dépenses de l’Etat, et orienter cet argent pour la construction d’édifices scolaires ou le recrutement d’autres enseignants. Mais nulle part au monde, on n’a parlé de l’augmentation des salaires liée au toilettage d’un fichier qui serait aléatoire. Moi, je ne me prononce pas sur la base de ce qui est aléatoire. Je n’y fonde pas mon espoir. Aujourd’hui, il faut qu’ils trouvent autres chemins qui puissent permettre aux enseignants d’être heureux. Nous du SNE, nous y travaillons avec le gouvernement. Je crois que dans les jours et semaines à venir, nous allons nous rencontrer pour trouver d’autres issues favorables à la crise que traverse le milieu scolaire.

A vous entendre parler, on a l’impression que cet assainissement ne donnera rien. Selon vous, le SLECG serait-il en train de prêcher dans le désert ?

Je ne dirais pas qu’ils sont en train de prêcher dans le désert. Je sais qu’ils sont animés de la volonté de faire améliorer les conditions de vie des enseignants, mais c’est la stratégie qui est adoptée que nous trouvons un peu élémentaire. D’autant plus que le SLECG est parti sur la base des 8 millions. Il devrait discuter pour savoir combien le gouvernement pourrait-il donner dans les 8 millions, et quelle est la clé de répartition de cela. Mais, on ne peut pas croire au toilettage d’un fichier dont on ne connait pas l’issue.

Le problème des enseignants contractuels se pose également. Aujourd’hui, l’on apprend qu’ils ont cessé de donner des cours dans les écoles. Ce qui fait craindre encore une autre crise dans le domaine de l’éducation.

C’est un peu ça le hic de ce gouvernement, qui est amateur dans la résolution des crises. Vous avez vu que les cours sont perturbés au niveau de certains établissements, à cause de l’absentéisme de ces enseignants contractuels ou du fait de la démotivation de ceux qui ont travaillé auprès des enseignants contractuels. Donc, aujourd’hui, le système éducatif fonctionne au ralenti. Et je crois qu’il y va de l’intérêt du département de prendre à-bras-le-corps les problèmes des enseignants contractuels.

Entretien transcrit par

Mamadou Alimou Barry

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