« Si les députés de l’opposition démissionnent, ce sont leurs suppléants qui viendront faire n’importe quoi », déclare Rafiou Sow du PRP

Le président du PRP (Parti du Renouveau et du Progrès), Rafiou Sow est passé, hier mardi 13 février, dans l’émission L’Actu au scanner de la radio City Fm. Notre reporter a saisi l’occasion pour aborder certains sujets brûlants avec ce membre de l’opposition républicaine.

Objectif224.com: Que pensez-vous de l’élection de Mamadouba Toss Camara au poste de maire Matoto ?

Rafiou Sow : Il y a déjà eu une élection à la mairie de Matoto. Nous pensons que c’est l’élection de Kalémodou Yanssané qui est la vraie élection. Il faudrait poursuivre l’installation des conseillers au niveau de  l’exécutif. Il y a eu une soi-disant élection qui a eu lieu, jeudi passé. Pour nous, ce n’était pas une élection. C’est une mascarade. La Cour suprême l’a dit, le ministre Bourema Condé (administration du territoire), n’a pas le pouvoir de faire reprendre une élection. Aujourd’hui, vu que le délai de recours est passé, Kalémodou Yansané est le maire élu de Matoto. On ne peut pas aller faire de la mascarade de l’autre côté (bâtiment de l’Etat civil, ndlr). Donc, cette élection ne s’est pas passée au sein de la mairie. J’appelle la population de Matoto, à rester mobilisée et à refuser ce hold-up électoral. Ils ont élu un maire, il faudrait qu’on puisse respecter leur voix. Sinon, ça ne sert à rien d’organiser des élections. Pour nous, il n’y a pas d’élection, et on attend la suite des élections pour élire le reste des membres du bureau exécutif.

Le candidat de l’UFDEG n’a pas pris part à l’élection que vous dénoncez. D’autres partis étaient représentés.  Mamadouba Toss  Camara du RPG arc-en-ciel a été élu. Pensez-vous que cette élection n’est pas valable ?  

Ecoutez, le ridicule ne tue pas, puisqu’on a écouté sur les ondes, l’élu du RPG. Vous avez vu l’élue du Bloc Libéral (BL), qui était sur place et qui n’a pas voté pour Kalémodou, et qui nous a dit exactement ce qui s’est passé là-bas. Mais, heureusement, vous avez bien précisé que c’est le RPG qui dit ça, et ça ne concerne qu’eux. Matoto, ce n’est pas le Rpg arec-en ciel. La république de Guinée n’est pas le Rpg. Donc, il faudrait pouvoir organiser une élection à laquelle tout le monde  puisse assister. Mais, si aujourd’hui, pour que vous gagniez, il faudrait faire un hold-up, il faudrait militariser les lieux pour empêcher les autres d’y venir. Nous pensons que c’est le RPG qui doit faire un recours au niveau du tribunal de Mafanco pour contester l’élection de Kalémodou. Mais, malheureusement, le temps qui est imparti pour ça est passé. Donc, Kalémodou est élu pour 5 ans. Il faudrait qu’ils acceptent de continuer les installations des conseillers qui doivent faire partie du bureau exécutif.

Mamadouba Toss Camara est déjà présenté comme maire. Maintenant, que comptez-vous faire ?

Nous sommons l’Etat d’installer Kalémodou dans ses fonctions, d’élire les vices-maires. Sinon, franchement, nous dénonceront cela par tous les moyens possibles. Nous allons organiser des sit-in un peu partout, pour dénoncer cela. Actuellement, nous sommes en train de communiquer sur le plan international, pour attirer l’attention de tous les autres chefs d’Etat, toutes les institutions internationales, pour dire qu’en Guinée, il n’y a plus de démocratie. Dire à ces institutions qui ont contribué à l’avènement de la démocratie en Guinée, de se lever pour prendre leurs bâtons de pèlerins pour ramener Alpha Condé à la raison. Alpha Condé a fait deux mandats, mais on a fait que parler d’élections. Il n’a pas voulu travailler. Mais aujourd’hui, nous lui tendons la main pour lui dire d’organiser des élections libres et transparentes.

L’autre sujet qui fait l’actualité, c’est la prorogation de mandat des députés. Est-ce que vous croyez à une alternance en 2020 ?

Bien sûr ! Il faut que les gens comprennent. Aujourd’hui, nous avons les élus de l’opposition républicaine qui sont-là pour veiller sur la constitution au niveau de l’Assemblée nationale. Vouloir laisser ça, c’est laisser le champ libre à Alpha Condé, pour modifier la constitution, non pas par referendum, mais au sein de l’Assemblé nationale. Puisque nous avons des suppléants, si nous démissionnons, ils viendront faire du n’importe quoi. Ça, c’est un. Deux, cette prorogation n’a aucun lien avec les élections de 2020. C’est Alpha Condé et son gouvernement qui ont fait qu’il y a eu glissement du calendrier. Ils n’organisent jamais les élections à temps.

Propos recueillis par

Mamadou Alimou Barry

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